Un peu d’histoire

Les plantes aromatiques sont utilisées depuis des millénaires.

L’Antiquité :

Des aborigènes australiens à l’Egypte antique en passant par l’Inde, elles laissèrent des traces dans toutes les civilisations. Particulièrement présentes dans le pourtour méditerranéen, leur usage thérapeutique prit de l’importance avec l’invention de la distillation. A priori, on doit cette découverte aux Perses, 1000 ans avant notre ère. Avicenne et les Arabes affinèrent la technique. Ils améliorèrent la chimie et ainsi permirent de produire des huiles essentielles de plus en plus pures. Les croisades nous ramenèrent l’Art de la Distillation qui faisait partie de la tradition alchimique.

Avicenne

Moyen-âge et temps modernes :

Au XVéme siècle, les apothicaires sont des aromaterii. Cela confirme l’emploi prédominant des plantes aromatiques.

Fin XVIéme, plus de cent huiles essentielles étaient utilisées dans les traitements. Le vinaigre des quatre voleurs, utilisé pendant l’épidémie de peste, resta longtemps inscrit dans le CODEX pharmaceutique.

Le XXème siècle et l’aromathérapie scientifique

La France tient une place primordiale dans l’histoire moderne de l’aromathérapie. Notamment avec l’Art de la parfumerie développé dans la région de Grasse. Le terme aromathérapie date de 1928, époque de Fleming et de ses travaux sur la pénicilline. Gattefossé, suite à une explosion, plonge sa main brûlée dans un vase d’huile essentielle de lavande. Sa guérison est ultra-rapide sans infection ni cicatrice. Il consacre alors ses recherches à l’aromathérapie. Et cela, pendant plusieurs décennies. En 1931 il publie l’ouvrage « Aromathérapie ».

D’autres le suivent et orientent leurs recherches vers l’usage vétérinaire (Sévelinge) ou la beauté (Mme Maury en Grande Bretagne).

René Gattefossé

Jean Valnet vulgarise l’usage curatif des huiles essentielles et relance par ses ouvrages un nouvel intérêt dans le grand public.

Jean Valnet

Encore plus récemment, Daniel Penoël et Pierre Franchomme développent l’aromathérapie scientifique. Elle incite à préciser l’espèce botanique et insiste sur la notion de chémotype ou de race chimique. En effet, il existe plusieurs centaines d’espèces d’Eucalyptus avec des compositions donc des propriétés différentes. Dans une même espèce, existent différentes races chimiques ou chémotypes. Par exemple : l’espèce thym vulgaire « Thymus vulgaris », selon son milieu naturel ou biotope, synthétise des composants différents. Ainsi, le thym vulgaire à thymol est un puissant anti-infectieux, très irritant et potentiellement toxique pour le foie. Par contre, le thym vulgaire à thujanol est aussi un anti-infectieux mais non agressif. Il régénère les cellules du foie.

Daniel Pénoël
Pierre Franchomme

L’oubli de ces précisions botaniques et scientifiques ont été à l’origine d’accidents sérieux. En conséquence, cela a limité la liberté de vente et donc d’usage des huiles essentielles. L’aromathérapie n’est pas une médecine douce. L’aromathérapie scientifique permet de valoriser l’intérêt et l’utilité des médecines naturelles dans la santé humaine.

Un ajout personnel pour exprimer toute ma reconnaissance à plusieurs personnes. Florence Millet et Philippe Goeb m’ont initiée à l’aromathérapie dans le cadre professionnel. Dominique Baudoux, passionné et passionnant, m’a communiqué irrémédiablement, définitivement son engouement pour cet univers aromatique et scientifique.

Dominique Baudoux