Micronutrition et système immunitaire

Cet article est inspiré notamment des conseils du professeur Vincent Castronovo donnés au cours d’un webinar le 26 mars organisé par Bionutrics.

Tous ces éléments sont des informations. Ils n’ont pas pour but de faire, arrêter, modifier ou reporter un traitement ou examen médical sans l’avis d’un médecin.

Voici quelques nutriments impliqués dans l’immunité. Maintenir ou rétablir un environnement micronutritionnel satisfaisant soutient le système immunitaire. Pensons aussi à notre environnement social car le stress diminue aussi nos défenses immunitaires.

Réponse immunitaire inefficace :

Les personnes fragilisées présentent souvent des déficits nutritionnels. Par conséquent, la réponse immunitaire est moins efficace.

AA/EPA :

L’Acide Arachidonique (AA) et l’Acide EicosaPentanoïque (EPA) sont des acides gras. En équilibre, 1 pour 1, ils modulent la réponse inflammatoire. Chez les personnes âgées ou en cas de régime alimentaire déséquilibré, le rapport est souvent de 50 à 60 fois plus d’AA (inflammatoire) que d’EPA (oméga 3, antiinflammatoire). Par conséquent il y a plus de pyromanes que de pompiers. Le système immunitaire est fragilisé.

Zinc :

Ce métal est indispensable au fonctionnement du système immunitaire. C’est un co-facteur : il intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques. Ainsi, il permet une immunité efficace et de se préparer avant une vaccination. Le vaccin sera encore plus efficace. Le zinc a aussi une action directe sur les virus. Le déficit apparaît plutôt après 40 ans. Il est recommander de le doser et viser un taux proche de la limite haute, surtout lors des épidémies.

Cuivre

Encore un co-facteur utile pour les cellules de défense de l’organisme et les enzymes antioxydantes. Il permet de maîtriser nos soldats et ne pas « s’auto-griller ». Nous sommes rarement carencés, l’alimentation suffit généralement à couvrir nos besoins.

Sélénium

Il fait partie de la défense antioxydante. Lui aussi est le co-facteur d’une enzyme anti-radicaux libres. Quelques noix du Brésil bio au quotidien couvrent nos besoins.

Vitamine D

Classée comme vitamine liposoluble, elle a un rôle d’hormone immunorégulatrice avant même son rôle sur nos os. Le déficit en vitamine D est lié au manque de soleil surtout chez les peaux sombres, les peaux fines et fragiles abusant de crème solaire. En fin d’hiver, les cellules ont épuisé leurs réserves en vitamine D. Un déficit apparaît aussi aussi en cas de surpoids, d’insuffisance hépato-biliaire (foie et vésicule biliire), de stress et de perméabilité intestinale. D’après les études, la supplémentation améliore les défenses immunitaires et diminue les infections respiratoires.

Vitamine A

Cette vitamine liposoluble est indispensable à la bonne activité de la vitamine D. Elle permet aux muqueuses d’être des barrières efficaces. Elle aide au maintien du taux de cellules de la tolérance dans les intestins.

Glutathion réduit

Il a plusieurs fonctions : il élimine certains radicaux libres, aide à la détoxication par le foie, recycle les antioxydants oxydés. Il ralentit la multiplication du virus de la grippe en activant le nettoyage (apoptose) des cellules infectées. L’alcool, les maladies comme la mucoviscidose, le SIDA, la grippe créent un déficit en glutathion réduit. Les études montrent qu’en apportant ses précurseurs (cystéine et N-acétylcystéine), on diminue l’inflammation et donc on augmente la capacité pulmonaire vitale. Pour information : la N-acétylcystéine atténue les effets toxiques du paracétamol sur le foie.

Vitamine E

Ou plutôt les vitamines E, il y a 8 molécules différentes. Elles assurent la protection des membranes des cellules immunitaires.

L-glutamine

Ce nutriment est aussi important que le zinc. Cet acide aminé est le carburant privilégié des cellules devant se diviser rapidement comme les lymphocytes ou les cellules intestinales. Lors d’une infection, il en faut suffisamment pour alimenter les cellules intestinales et en même temps, soutenir les cellules du système immunitaire. Ainsi la réponse immunitaire est optimale et les intestins maintiennentnleur effet barrière.

Vitamine C

Anti-oxydant hydrosoluble très important pour soutenir le système immunitaire. Elle stimule la production des globules blancs et de l’interferon (effet anti-viral).

Le microbiote intestinal

Le microbiote influence la réponse immunitaire au virus de la grippe. Les études chez les enfants montrent qu’une prise quotidienne de 10 milliards de probiotiques pendant 6 mois, en prévention, diminue le nombre de cas de grippe et réduit les prescriptions d’antibiotiques. Certaines souches de probiotiques renforcent l’immunité. Les souches Bifobacterium lactis HN019, Lactobacillus acidofilus NCFM et Bifidobacteriumlactis Bi07 (entre autres) ont été étudiées chez les séniors. (En Chine, certains patients atteints du Covid 19 présentaient une dysbiose intestinale avec diminution des souches de Lactobacillus et de Bifidobacterium.) Les prébiotiques, les probiotiques et la mastication permettent de réguler l’équilibre intestinal. Cela diminue le risque d’infections secondaires (surinfection chez une personne affaiblie par à une première infection).

Réponse immunitaire exagérée :

Les personnes avec un terrain pro-inflammatoire ont une réaction immunitaire exagérée. Le risque de dommages co-latéraux (sur les poumons) en cas d’infection augmente. Le curcuma et les oméga 3 (EPA et DHA) aident à moduler cette réponse inflammatoire. Le curcuma en plus, a un effet anti-microbien et anti-viral.

Conseils pratiques pour consolider son armure antivirale naturelle :

  • EPA et DHA: 1 gramme 3 fois par jour d’huile de poissons des mers froides, quelques semaines. Petits poissons gras 2 à 3 fois par semaine, même en boîte, au naturel ou à l’huile d’olive ou de colza.
  • Zinc : biglycinate de zinc. 3 fois par jour hors repas. Quelques semaines et faire doser dans le sang.
  • Cuivre : 15 g de chocolat noir à plus de 75% de cacao par jour, des lentilles 2 fois par semaine.
  • Sélénium : 3 noix du Brésil bio par jour
  • Vitamine D : 15 min par jour visage et avant bras découverts à la lumière naturelle. 2000 UI par jour si carence puis 1000 UI le matin avec des aliments gras. Toute l’année pour les plus de 80 ans.
  • N-acétylcystéine : en prévention 200 à 500mg jusqu’à 3 fois par jour. En curatif, la dose peut être doublée en associant du sélénium (les noix du Brésil).
  • Vitamines E : L’huile de germe de blé. L’huile de palme rouge bio (différente de l’huile de palme décriée).
  • L-glutamine : jusqu’à 1 gramme 3 fois par jour. 10 min avant les repas pour que l’acidité gastrique ne réduise pas son activité.
  • Vitamine C : fruits et légumes frais, agrumes. Acerola en petites doses dans la journée.
  • Probiotiques : Bifidobacteriumlactis lactis HN019, Lactobacillus acidofilus NCFM et Bifidobacteriumlactis Bi07 (entre autres). 10 milliards d’UFC (unités formant colonies) par jour au moins.

Conclusion

Les gestes barrières sont là pour éviter d’être infecté. La nutrition et la micronutrition permettent de soutenir l’immunité. Ainsi, on peut réduire la gravité des symptômes et la durée de l’infection. La récupération est meilleure. Avec une alimentation adaptée, on évite les déficits et carences nutritionnels et micronutritionnels. On optimise donc son immunité. En cas d’épidémie, chez les personnes fragiles ou en cas d’alimentation déséquilibrée, une supplémentation peut être nécessaire. Idéalement il faudrait évaluer le statut nutritionnel et micronutritionnel avant d’instaurer une complémentation.

Ces renseignements sont donnés sur la base de différentes études et enseignements donnés récemment. Il ne s’agit ni d’une consultation, ni d’un traitement.

2 réponses pour “Micronutrition et système immunitaire”

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