Le stress

Pour la première fois, dans la 2ème moitié du XXème siècle, Selye définit le stress et le Syndrôme général d’adaptation. C’est l’ensemble des réactions du corps en réponse au stress, notamment les sécrétions hormonales (cortisol et adrénaline). Il démontre ainsi l’impact du stress sur la santé.

Les ingrédients du stress (CESH)

Nous sommes tous différents face au stress. Effectivement les sources de stress, la manière de réagir (nature et intensité) sont individuelles…Certains éléments (un ou plusieurs) sont cependant universels dans une situation de stress comme le décrit le CESH :

Contrôle/Imprévisibilité/Nouveauté/Ego menacé

  • Contrôle : la sensation de ne pas avoir le contrôle ou peu de contrôle sur la situation. Elle nous échappe.
  • Imprévisibilité : la situation est inattendue ou ne peut pas être prévue, anticipée, préparée.
  • Nouveauté : la situation est nouvelle, sans précédent, non expérimentée.
  • Ego menacé : les compétences et les connaissances sont sollicitées, mises à l’épreuve. On met en doute les capacités.

Les 3 phases du stress :

Chronologiquement, le stress se décompose en 3 phases :

1 la phase d’alarme :

Réaction immédiate au stress, l’adrénaline est libérée. On se prépare au combat ou à la fuite. L’énergie est alors mobilisée au dépend d’autres systèmes comme l’immunité, la digestion…

2 la phase de résistance

L’exposition au stress dure plus d’une semaine. Le stress devient chronique.

Le taux de cortisol augmente. Le microbiote (la flore) intestinal est sollicité. Lui aussi est impliqué dans la gestion du stress par l’intermédiaire des systèmes nerveux et des neurotransmetteurs. Les neurotransmetteurs sont des éléments chimiques libérés par les neurones pour transmettre des messages à d’autres neurones et parfois à des cellules. Si le microbiote est de mauvaise qualité, la libération de cytokines (molécules signal) augmente. Ces cytokines stimulent alors de façon excessive le système nerveux. Cela empêche la bonne utilisation des neurotransmetteurs pour gérer le stress.

Le neurotransmetteur qui permet de prendre de la distance est la sérotonine. Celui qui permet de s’adapter est la dopamine.

Puis, la libération des cytokines pro-inflammmatoires est de moins en moins contrôlée. Si le stress se prolonge encore, la réponse immunitaire s’emballe, l’inflammation et l’orage cytokinique s’installent. Les lésions touchent ensuite, aussi le cœur, le cerveau, la peau, les poumons.

3 l’épuisement

Si la sensation de stress se prolonge, presque permanente. Tout l’organisme s’épuise. Le cortisol chute, les neurotransmetteurs s’effondrent ainsi que la mélatonine. Le système immunitaire est effondré et parfois d’autres métabolismes vitaux aussi (glycémie, thyroïde…). C’est le burn-out, les infections sévères, les crises cardiaques,etc. Biologiquement, les taux de DHEA et de cortisol ne sont plus en équilibre : un matin, on ne peut pas se lever.